Récemment en parlant du lilas qui fleurissait dans le jardin, j'ai évoqué cette forme particulière de leurs inflorescences (disposition des fleurs sur la tige) appelées thyrses.
Voilà, un mot que l'on utilise peu dans le quotidien et c'est pourquoi, ce matin après avoir pandiculé au réveil, je me fais un plaisir de rédiger ce petit article, pour le remettre en lumière telle une vieille photo que l'on sort de l'album.
Je suis toujours admiratif de la richesse de la langue française tout en déplorant parfois la pauvreté du vocabulaire utilisé au quotidien.
En botanique, on appelle thyrse (nom masculin), une inflorescence de forme pyramidale: les fleurs de lilas et de marronnier (photo à gauche) en sont de parfaits exemples.
Cette inflorescence, de forme pyramidale et verticale pour le lilas et le marronnier, semble narguer les lois de la gravité.... elle pointe vers le ciel.... C'est ce qui en fait leur originalité !
L'aspect général est celui d'une grappe dite thyrsoïde.
Autres exemples de thyrses: la vigne (grappe de raisin), le kalanchoe, ....
On retrouve d'ailleurs l'appellation de l'espèce thyrsiflora pour certaines plantes telles le Kalanchoe thyrsiflora ou le Walchendorfia thyrsiflora.
Pour les amateurs de botanique, le juste emploi de la langue française et de ses racines latines est un précieux atout !
A titre d'anecdote, j'ai eu un "grand patron" qui, nommé par le ministre du tourisme comme président du Comité national pour le fleurissement de la France, se moquait amicalement de ses collaborateurs, ingénieurs horticoles qui en parlant des fleurs, les nommaient en latin et ce, sans avoir reçu en aucune façon, la grande culture classique latine des hautes écoles françaises notamment les Jésuites.
Mais le latin permet au jardinier de travailler dans le monde entier car la dénomination des plantes est partout la même, donc universelle !

Un article du FIGARO nous rappelle l'existence du Verbe PANDICULER mais aussi du verbe MUGUETER
En voilà un charmant mot! Dans le droit sillon de l’expression «conter fleurette», «mugueter» signifie «courtiser», «faire le galant» et est attesté dès le XVIe siècle. On «fait le muguet auprès d’une femme». Dès 1587, il s’emploie au sens de «convoiter, chercher à obtenir (un bien)». Le verbe traverse les siècles avec succès. Ainsi peut-on lire dans la Vie de Rancé de Chateaubriand: «Suspect à Richelieu, ayant eu l’audace de mugueter ses femmes, le lovelace tortu et batailleur fut obligé de s’enfuir.»
Comme le rappelle le Dictionnaire de l’Académie française , le muguet est une plante qui fleurit au printemps et «qui porte de petites fleurs blanches, très parfumées, en forme de clochettes». À noter que la fleur de cette plante est notamment employée en parfumerie. C’est ainsi que par métonymie, la formule (vieillie) «il fait le muguet» s’employait jadis pour définir un «homme qui se parfume et qui se pare avec soin pour plaire aux femmes».
merci pour ces vagabondages entre vocabulaire et botanique
Rédigé par : Eric Fabienne Blondiau | 13 mai 2020 à 09:51